Stéphane Bourriaux

Pensées photographiques

Eve – Deuxième Partie

Janvier 2005 – Champs Elysées – Paris

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Direction le Séphora pour acheter le maquillage qui nous manque, puis direction le restaurant « Aux Deux Arches Dorées » (on ne critique pas, nous étions jeunes et c’était le seul endroit ou se poser sur les « Champs » sans se faire enquiquiner et se faire taxer 5euros pour un café) pour le maquillage. Entre deux coups de pinceaux et une bonne série de blagues et de vannes, nous voilà fins prêts.

Et là, c’est le drame… il ne pleut PLUS!!! Juste des petites gouttes de rien de tout. Misère, enfer et damnation!!! Bon, ok, j’exagère, 3ans plus tard, la plupart de mes collègues allaient me baptiser UPS. Non, pas United Parcel Service, mais Universal Problems Solver. Direction le Monop’ pour acheter un brumisateur d’une marque d’eau minérale des Alpes Françaises. C’est le genre de moments inoubliables dans une vie : me voir en train de vider le contenu du pulvérisateur sur les cheveux et le visage de la pauvre Eve, tout en essayant de ne pas faire de faux mouvements, car nous sommes tous les deux stupidement morts de rire. Puis il ne fallait pas oublier le manteau!! C’est qu’il avait séché pendant le maquillage, le salaud.

Le temps de reprendre notre souffle, et surtout d’arrêter de rire comme des baleines, nous pouvons enfin commencer. Ce fut simple, et rapide. Encore une fois, la preuve que la bonne entente entre un photographe et un/une modèle fait toute la différence. C’était ma deuxième séance avec le Mam’, et comme pour la première, j’avais fait le pari de ne prendre que deux rouleaux de films. Quinze vues chacun, trente prises au total. Prendre le temps de mesure l’exposition au posemètre manuelle, la « cellule » comme on l’appelait dans le temps. Prendre le temps de choisir l’exposition qui donnerait le meilleur développement ensuite. Prendre le temps de faire la mise au point manuellement. Prendre le temps de cadrer, de composer, de diriger, de se retenir de dire des bêtises. Et enfin, déclencher. Ça semble prendre des heures… et pourtant cela n’a du prendre que le quart ou le tiers d’une seule. Je ne voulais pas trente-six mille vues, mais celle-ci. 

Et celle-ci, je l’ai eue. Et cette photo est l’application parfaite d’une des plus grandes leçons que j’ai apprise puis enseignée par la suite : « Oubliez la technique trente secondes et écoutez ce que vous dit votre corps, ce que ce soit vos yeux, votre coeur, vos tripes et même vos pieds. Ressentez l’émotion. » Pourquoi? Parce que cette photo est légèrement floue. « SACRILEGE!!! » Auraient hurlé certain. Non, petit accident avec un appareil photo auquel je n’étais pas habitué, un faux mouvement, un déclenchement involontaire… et parmi les quinze photos faites de cette prise, c’était celle là la meilleure. 

Parce que l’Emotion était là, et tant pis pour la technique.

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